Industrie française : réveiller la Belle au bois dormant
Longtemps affaiblie, l’industrie française reste pourtant l’un des piliers de notre souveraineté, de nos territoires et de notre prospérité collective. Mais le constat posé dans la note Industrie française : la belle au bois-dormant ? est net : après un frémissement entre 2017 et 2023, la dynamique s’essouffle. Part de l’industrie manufacturière retombée sous les 10 % du PIB, fermetures nettes d’usines en 2024-2025, contraction de l’investissement, marges en recul : l’industrie n’est pas encore repartie.
Pourtant, jamais nous n’en avons eu autant besoin. Crises géopolitiques, vulnérabilités des chaînes de valeur, transition écologique, souveraineté technologique : impossible de penser la France de 2035 sans une industrie forte, innovante et décarbonée.
La note identifie clairement six verrous à faire sauter :
► une fiscalité de production et un coût du travail qualifié parmi les plus élevés d’Europe ;
► une complexité administrative qui rallonge les délais (17 mois pour implanter une usine) ;
► une énergie insuffisamment compétitive ;
► un déficit massif de compétences (50 000 postes vacants, 966 000 départs d’ici 2030) ;
► un accès au foncier ;
► une stratégie industrielle trop éclatée pour être lisible et efficace.
Face à ces freins, un cap réaliste émerge : viser 12 % d’industrie en 2035, avec un objectif intermédiaire de 10 % dès 5 ans. Atteignable, à condition de libérer les ressources (talents, énergie, foncier) et de stabiliser le cadre économique.
Les propositions sont fortes : réduire durablement la fiscalité de production, stabiliser l’impôt sur les sociétés, simplifier réellement les normes via des dérogations sécurisées et un guichet unique régional, sécuriser les prix de l’énergie grâce à des contrats de long terme, réarmer massivement les compétences industrielles, assouplir le ZAN pour les projets stratégiques, mobiliser l’épargne française via des fonds garantis, utiliser la commande publique comme levier industriel.
Le message est clair : la réindustrialisation ne se décrète pas, elle s’organise – et elle conditionne notre avenir économique. Le MEDEF continuera d’être en première ligne pour porter une stratégie cohérente, ambitieuse et alignée avec les besoins de nos entreprises.