La conclusion doit être inconfortable : nous voulons plus de souveraineté au moment où nous avons moins de marges.
Moins de marges budgétaires. Moins de temps. Moins de naïveté possible. Moins de protection automatique. Moins de certitudes sur nos alliances.
Cela oblige à sortir de la souveraineté-catalogue. On ne pourra pas tout protéger, tout produire, tout financer, tout subventionner. Il faudra choisir. Et les choix seront politiques, industriels, militaires, financiers et culturels.
La souveraineté de demain ne sera pas totale. Elle devra être ciblée, assumée, financée, incarnée. Elle devra dire clairement ce qui est vital, ce qui est stratégique, ce qui est négociable et ce qui ne l’est plus.
Dans un monde contraint, quelle souveraineté sommes-nous prêts à payer — et laquelle ne pouvons-nous pas nous permettre de perdre ?